Coût

Le coût d'un réseau de placettes permanentes dépend de la charge de travail qui se mesure en nombre de placettes et nombre d'arbres comptés par placette. Or le nombre de placettes dépend de la précision souhaitée et de la variabilité de la variable référante (volume total, volume des gros bois,  volume de l'essence principale ou des 3 essences principales, volume des gros bois de l'essence principale, capacité à détecter une évolution de 5% du volume de gros bois de hêtre, etc.) pour lequel on souhaite atteindre cette précision.

Dans la formule ci-après, ecorrespond à la précision souhaitée, CV à la variabilité du phénomène, f aux taux de sondage, t à une constante extraite de la table de la loi de Student, tous deux dépendant du nombre de placettes. En fixant e et en estimant CV, la formule permet de calculer le nombre de mesures, dans notre cas le nombre de placettes. Le raisonnement peut être fait par strate (portion de la forêt différente en terme d'objectif de précision ou de grands types de peuplement).

Le coût

 

Importance de chaque paramètre

  • Pour concevoir un plan d'échantillonnage, le taux de sondage peut être négligé, ce qui conduit à légèrement augmenter le nombre de placettes à installer (marge de sécurité).
  • Le coefficient de variation  (CV) est le paramètre important. Il dépend avant tout de la variable que l'on souhaite mesurer, mais il dépend aussi de la stratégie d'échantillonnage : type de placette, nombre d'arbres échantillonnés par placette.

Pour aller plus loin sur le coefficient de variation cliquer ici

 

Order de grandeur

Le tableau ci-après fournit le nombre de placettes nécessaires soit pour atteindre une précision souhaitée (tableau de gauche), soit pour pouvoir détecter une variation de la variable de départ (tableau de droite).

  • Par exemple si le coefficient de variation est compris entre 50 et 60%, il faudra entre 98 et 140 placettes pour atteindre une erreur relative de 10% (avec une probabilité de 95%).
  • Si le coefficient de variation est compris entre 40 et 50%, il faudra entre 128 et 198 placettes pour pouvoir détecter une variation de 10% de la variable de départ. Par exemple si la variable de départ est de 4 m3/ha/an d'accroissement en volume, cette charge de travail permettra de détecter une variation de 0,4 m3/ha/an.

 

Décomposition du temps pour les différents phases

La figure ci-après fournit la répartition du temps nécessaire à l'installation et à l'analyse d'un réseau de placettes permanentes. Il permet de distinguer plusieurs phases :

  • Préparation : choix du nombre, de la maille et du type de placettes, élaboration du protocole, transfert de la localisation des placettes sur des appareils mobiles de saisie,  préparation des fiches de terrain sur mobile ou papier, organisation du travail en équipe. Le temps de préparation n'est pas lié à la surface. Sa part relative va donc baisser pour des grandes surfaces.
  • Exploitation : de retour de terrain et les données saisies, cette phase consiste à analyser les données, à calculer les indicateurs retenus par les financeurs et à les présenter de manière communicante, à rédiger un résumé des principaux résultats techniques. Les outils fournis par ce site doiventt permettre d'améliorer grandement cette phase d'exploitation des données tout en diminuant son coût.
  • Cheminement : temps nécessaire pour aller d'une placette à l'autre. Il dépend fortement de la distance entre placette, des accès et points de repères, de l'organisation du travail. C'est la phase qui permet de faire la plus grosse marge de productivité. Dans la figure ci-après le temps de la phase de cheminement a été mesuré pour des distances d'environ 180 m entre placettes, sur une propriété bien desservie et pour une équipe de 2 personnes.
  • Mesure : temps passé à réaliser l'ensemble des mesures sur les placettes. Cela dépend du protocole et son concepteur doit faire une analyse coût-bénéfice de chaque mesures souhaitée. Par exemple un relevé stationnel prend beaucoup de temps. Il est souvent préférable de concevoir un protocole particulier qui sera greffé sur le protocole général : par exemple un relevé stationnel sera réalisé une placette sur 3 sur plateau et une placette sur 2 sur pente. Le temps passé à réaliser l'ensemble des mesures sur les placettes dépend également du nombre d'arbres mesurés. Au delà de 10 à 12 arbres par placettes le coefficient de variation ne diminue que légèrement. Pour cette phase de mesure il n'est pas nécessaire d'être plus de 2 personnes.
  • Saisie : phase de saisie et de vérification des données. L'utilisation d'appareils mobiles (ordinateurs, tablettes) permet de diminuer cette phase sans l'annuler complètement.

 

Décomposition du temps pour les différentes phases

 

Stratégies possibles

Pour atteindre la précision souhaitée il est possible

  • d'augmenter le nombre de placettes. Par exemple si on le double, la précision ne sera améliorée que d’environ 30%. Elle passera par exemple de 25 à 18% alors que le coût sera pratiquement multiplié par 2 (en doublant le nombre de placettes on réduit la distance moyenne entre placettes et donc on diminue légèrement le temps moyen de cheminement entre placettes).
  • de diminuer le coefficient de variation de la variable référante. Pour cela on peut stratifier le domaine d’inventaire et choisir un type adapté de placette.
  • de jouer simultanément sur les deux paramètres en sachant que si le nombre de placettes est déjà élevé le cursus efficace devient celui de la diminution du coefficient de variation.