La méthode du contrôle

Le principe

Pour Gurnaud, la sylviculture doit reposer avant tout sur la connaissance de l’accroissement. Au départ il cherche à connaître l’accroissement en diamètre de chaque arbre, mais face à la difficulté du suivi individuel de chaque tige (à l’époque la notion de placette permanente n’existait pas), il décide de suivre l’accroissement à l’échelle de la parcelle en comparant des inventaires périodiques en plein. Il a du pour cela concevoir des méthodes de comparaison d’inventaires et mettre au point de nouveaux outils dendrométriques. Il a par exemple ressenti le besoin de proposer un tarif de cubage qui serve de référence, le tarif en sylve.

La méthode du contrôle proposé par Gurnaud, dans sa version originelle, permet de connaître par classe de diamètre, l’accroissement sur le diamètre, en surface terrière et en volume ainsi que le passage à la futaie (nombre de tiges qui annuellement franchissent le seuil de précomptage).

     

    Accroissement sur le diamètre

    La connaissance de l'accroissement et en particulier celui sur le diamètre constitue le fondement de la méthode du contrôle.

    Dans le Jura, les essences majoritaires (sapin et épicéa) ont une écorce épaisse. Le hêtre également présent possède une écorce fine mais n'est pas recherché pour la qualité de son bois si bien que des marques sur le tronc ne risquent pas d'en altérer la valeur future. Le hêtre ne joue qu'un rôle cultural (il facilite la régénération résineuse) et secondairement constitue une source de revenu en bois de chauffage. Gurnaud imagine de graver sur l'écorce la dimension de l'arbre lors des inventaires, plutôt que de faire une simple marque qui permettra de vérifier que l'arbre n'a pas été oublié. Cette technique, même si elle est majoritairement utilisée par classe de diamètre ou de circonférence permet, lors du prochain inventaire, de détecter les arbres qui ne poussent plus ou très peu. De nombreux systèmes de marquage ont été  imaginés.

    Exemple de suivi individuel de la croissance en diamètre par le biais du marquage de sa dimension directement sur le tronc de l’arbre. Dans cet exemple les symboles sont fonction des classes de circonférence.

    Exemple de suivis individuel

     

    Apports et limites

    Pour Gurnaud la méthode du contrôle est avant tout un outil d'amélioration des connaissances. Elle ne conduit pas forcément vers un état optimal car pour cela il faudrait se fixer un objectif : maximisation de la production matière, valeurs ou autres. Elle doit rester un outil d'amélioration continuelle des connaissances et non pas vouloir conserver un état jugé satisfaisant car les conditions de croissance et de marché changent.

    L’ensemble du travail méthodologique accompli par Gurnaud couplé à l'outil placettes permanentes nous permet aujourd’hui de proposer des outils pour simuler, connaître, étudier l’évolution de peuplements irréguliers, les futaies jardinées n'étant qu'un cas particulier.

     

    Inventaires en plein ou statistiques.

    Ces deux techniques sont compatibles avec la méthode du contrôle.

    Les comparaisons de comptages en plein nécessitent une grande attention lors de l’inventaire périodique mais surtout une rigueur constante dans le suivi annuel des arbres coupés ou chablis. Le comptage en plein est une opération fatigante et assez répétitive. Elle peut devenir fastidieuse et donc source d’oubli d’arbres. Au delà de la connaissance du stock à l'échelle de l'unité de gestion, l'utilisation d'un compas électronique couplé à un GPS permet d'avoir une connaissance de la répartition spatiale des tiges.

    Les inventaires statistiques par placettes permanentes permettent d'accéder à la croissance individuelle et donc à leur variabilité, contrairement à l'inventaire en plein qui ne fournit qu'un accroissement moyen par classe de diamètre et essence. Les inventaires statistiques conduisent à compter beaucoup moins d'arbres, ce qui permet d'accorder beaucoup plus de soin à la mesure du diamètre et de temps pour des mesures complémentaires telles que la qualité, la vitalité ou l'intérêt écologique. Ils permettent de quantifier d'autres habitats comme par exemple le bois mort au sol ou sur pied. Ils ont aussi comme avantage de contenir les archives de la forêt.

    Les inventaires statistiques ont comme défaut de ne fournir que des informations ponctuelles. Cet inconvénient peut être compensé par l'utilisation de données externes (inventaires multisources) comme celles issues du LIDAR ou de la photogrammétrie. Ils ont également comme défaut d'être moins précis pour l'estimation d'une ressource rare, même si des parades existent : inventaire particulier à cette ressource.

    Le coût d'une placette étant comparable au comptage en plein d'un hectare, il y a 30 ans, il n'était pas pensable d'utiliser l'inventaire statistique pour des propriétés de moins de 150 ha. Une meilleure valorisation des avantages propres à chaque technique permet de baisser ce seuil à 5 ha.

     

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