Le précurseur

Dès le 19è siècle, le forestier français Adolphe Gurnaud (1825-1898) propose une solution pour que, la diversité des essences et des diamètres des arbres d'une forêt, leurs interrelations deviennent un atout alors que les connaissances ne sont pas suffisantes pour toutes les appréhender : elle portera le nom de méthode du contrôle.

Gurnaud est considéré comme l’un des pères du jardinage moderne. Il estimait que les connaissances de l’époque n’étaient pas suffisantes pour pouvoir prédire l’évolution des peuplements. Il a jugé qu’il valait mieux mettre en place des systèmes de contrôle à posteriori qui permettent de mesurer l’évolution des peuplements suite à des choix sylvicoles. Pour lui chaque parcelle est un cas particulier.

Rien de plus clair assurément que le problème de la sylviculture. Une forêt est un capital qui produit de lui-même l’intérêt qu’il rapporte. Toute la question est de déterminer cet accroissement et les conditions dans lesquelles il sera avantageux de le prélever par exploitation, sans nuire au capital et sans compromettre la reconstitution de l’intérêt, c’est-à-dire son nouvel accroissement dans l’avenir” (Gurnaud, 1890).

Cette méthode est malheureusement restée très marginale en France jusqu'au début des années 1980, et a surtout été développée en Europe par le suisse Henri Biolley (1858-1939) avec le « jardinage cultural » ou « expérimental », mais aussi par l’autrichien Hufnagel. Dès 1880 elle reçoit le soutien de Karl Gayer, professeur de sylviculture à Munich et actuellement considéré comme l’un des pères fondateurs du traitement en futaie irrégulière. Elle a également été exportée sur le continent américain.

A l’origine la méthode du contrôle était basée sur la comparaison périodique d’inventaires en plein de parcelles. Elle est encore utilisée dans sa forme originelle principalement dans les Jura Suisse et Français. Actuellement elle s’appuie de plus en plus sur des réseaux de placettes permanentes.